L'équipe de France s'est inclinée, mercredi à Malaga, face à l'Espagne (1-0). Les Bleus ont cédé sur un corner d'Iniesta conclu, de près, par Capdevila (80e), après avoir oublié de faire le jeu en 2e période. Une leçon à retenir, à l'avenir.
«Back to basics»
Malaga n'est pas Marbella. Un stade plein et bruyant, une marseillaise sifflée (et cela semble désormais inévitable), un éclairage tout à fait au point et surtout, un mano a mano de qualité avec, côté bleu (rouge, pour les puristes), 11 titulaires indiscutables. Et parmi eux, 7 finalistes de la Coupe du monde 2006. Dans les grandes lignes, et dans son 4-4-2, Raymond Domenech était revenu à l'essentiel pour cet Espagne-France . Back to basics , si on excepte la tenue flashy. Il faut dire que le sélectionneur ne cherchait pas face aux Ibères ce qu'il n'avait pas trouvé face au Congo. Non, Raymond Domenech attendait surtout des réponses à des questions de fond sur l'organisation de son groupe, son système de fonctionnement, ses automatismes. Contrairement à mardi, il a trouvé ce qu'il était venu chercher à Malaga. L'état de forme de Lilian Thuram ? Pour sa 137e sélection, le Barcelonais a rassuré son monde, auteur de trois superbes gestes défensifs avant de sortir à la pause, ayant ressenti une légère douleur. Même sentiment sur les trois grands revenants du jour : Grégory Coupet, solide devant Fernando Torres (21e) ou face à Iniesta (77e) ; Willy Sagnol, décisif face à Guïza (29e) : Patrick Vieira : serein, malgré un certain coup de pompe à l'heure de jeu (averti à la 65e).
L'attaque en question
La grande question, finalement, était à chercher plus haut sur le terrain : qui, en pointe, pour épauler l'indéboulonnable Thierry Henry ? Pendant une heure, Raymond Domenech testait Nicolas Anelka, qui signait la plus tranchante occasion de la première période : un centre de Toulalan côté droit puis une déviation de la tête d'Henry qu'il reprenait de l'intérieur du gauche (26e). L'avant-centre de Chelsea ne ménageait pas ses centres au retour des vestiaires, mais devait souvent décrocher pour aller chercher ses ballons. Frank Ribéry manquait cruellement, sur le flanc droit. Quant à Benzema, il gagnait indéniablement des points en suscitant le danger à chaque prise de balle, prenant sa chance deux minutes à peine après son entrée en jeu d'une frappe tendue (62e). Mais malgré ce potentiel offensif, et alors qu'ils avaient la mainmise sur la rencontre, les Bleus s'endormaient sur leur jeu. Ne provoquaient plus, se contentaient de défendre.
Un oubli qui ne pardonnait pas face à Iniesta et consorts qui, à force de pousser, surprenaient les Français sur un corner, tiré à la rémoise, conclu par Capdevila (80e). Le but ibérique agissait comme une piqûre de rappel sur les Bleus, qui se jetaient alors à l'abordage du but de Casillas : tête de Benzema sur la barre (90e), face-à- face d'Henry face à Casillas (90e+2). En vain. Pas de quoi crier au loup, toutefois, cette défaite : Raymond Domenech avait même plutôt bonne mine, au coup de sifflet final. « C'est frustrant car il y a avait la place pour ne pas perdre. Mais ce match était ce que je voulais. Je suis satisfait de cette rencontre : ils les ont mis en difficultés, se sont créé des occasions, j'ai vu des trucs intéressants dans le jeu et l'organisation pour l'Euro », confiait-il au micro de TF1. Un bémol, tout de même : William Gallas a perdu son statut bien enviable de porte-bonheur sous l'ère Domenech. Vraiment, on ne donne pas cher de ce fameux maillot rouge.