Toujours très à l'aise devant micros et caméras, Raymond Domenech a traversé 2006 en distillant quelques phrases restées dans les mémoires. Retour sur une année en Bleu avec le sélectionneur.
27 janvier, Montreux (Suisse). Après le tirage au sort du groupe de qualifications à l'Euro-2008. « A titre personnel, je suis heureux de jouer contre l'Italie. Cela débouche toujours sur des matchs intenses. C'est d'autant mieux que cela fait longtemps qu'on n'avait pas rencontré les Italiens. »
28 février, Clairefontaine. Au sujet de Lyon qui refuse qu'Abidal joue contre la Slovaquie. « Ce match est une hérésie, placé entre un match aller et un match retour de Ligue des Champions. Je comprends que les clubs puissent se poser des questions mais je n'ai jamais subi de pressions de qui que ce soit pour choisir ou ne pas choisir un joueur. Et ce n'est pas aujourd'hui que cela commencera sinon, il n'y a plus de poste de sélectionneur. »
1er mars, Stade de France. Au sujet des sifflets visant Barthez. « Je ne comprends pas qu'on ait aussi peu de mémoire. »
2 mars, Paris. Au sujet du choix du gardien titulaire. « Je donnerai mon choix avant... le 13 juin (date de France-Suisse). »
11 avril, Paris. Un conseil aux joueurs. « Eteignez la télé, le téléphone, partez en famille, allez dans un pays dont vous ne parlez pas la langue pour que personne ne vienne vous parler football. L'Asie profonde, le fin fond de la Chine ou une île perdue... »
14 mai, Clairefontaine. Il annonce sa liste des 23 en direct à Téléfoot sans l'expliquer. « Je vous remercie. Je vous souhaite de bien travailler maintenant, de bien expliquer tout cela. A la prochaine. »
25 mai, Tignes. Au sujet de Grégory Coupet qui a songé à quitter le rassemblement des Bleus. « Grégory Coupet a eu un moment de blues. Il a craqué, cela peut arriver. »
10 juin, Hameln (Allemagne). Au sujet de Patrick Vieira, inquiétant lors des matchs amicaux. « Je maintiens que Patrick va être un des joueurs forts de ce Mondial. »
12 juin, Stuttgart (Allemagne). A l'attention des journalistes qui ont observé le huis clos des Bleus avant France-Suisse. « Que les Suisses le fassent, à la rigueur, je trouverais ça normal. Que vous le fassiez pour aller voir les Suisses et pour nous dire ce qu'ils font à l'entraînement, je trouverais ça normal. Mais que nos propres médias aillent raconter aux autres ce qu'on fait à l'entraînement, je trouve ça désolant. »
18 juin, Leipzig (Allemagne). Au sujet du but refusé à Patrick Vieira lors de France-Corée du Sud alors que le ballon avait franchi la ligne. « La vidéo nous aurait bien servi cette fois-là. »
20 juin, Hameln (Allemagne). Au sujet de la réaction de Zidane, mécontent d'avoir été remplacé à la fin de France-Corée du Sud. « Trouvez-moi un joueur qui est content de sortir quand le match n'est pas complètement débloqué. Les joueurs ne sortent pas forcément avec la banane et c'est rassurant. »
26 juin, Hameln (Allemagne). Avant France-Espagne en huitièmes de finale, une réflexion sur les tirs au but. « On sait que tous les joueurs de ce niveau-là sont capables, à cette distance, de mettre un ballon au ras du poteau, à 1,50 mètre de hauteur. Après, il faut le faire au bon moment et ça, on ne peut jamais le travailler à l'entraînement. »
28 juin, Hameln (Allemagne). En réponse au leader du Front national Jean-Marie Le Pen, qui accuse les Bleus de ne pas chanter la Marseillaise. « C'est un faux procès. On est peut-être une des équipes où il y a le plus de joueurs qui chantent. Les Espagnols ne chantent pas, les Argentins ne chantent pas. Qu'il regarde vraiment au lieu de nous faire un procès à la con. »
1er juillet, Francfort (Allemagne). Au sujet de Zidane, auteur d'un match époustouflant face au Brésil en quart de finale. « Il n'y a plus de calculs. Chaque moment est le dernier. C'est ce qu'on dit à chaque joueur : imaginez que c'est le dernier match et jouez-le à fond. Lui le fait naturellement maintenant. »
6 juillet, Hameln (Allemagne). Au sujet du leitmotiv des joueurs, "on vit ensemble, on meurt ensemble". « C'est un peu la traduction en français de celle de 98 ("I will survive"). Ou on vit bien ensemble et on réalise quelque chose ensemble ou on meurt très vite. »
9 juillet, Berlin (Allemagne). Au sujet de l'exclusion de Zidane en finale. « Ce soir, on vient d'instaurer l'arbitrage vidéo parce que c'est le quatrième arbitre qui est venu le dire. L'arbitre de touche n'a rien vu. C'est une nouvelle règle qui est mise en place, vive la vidéo dans le football ! »
9 juillet, Berlin (Allemagne). Au sujet d'un possible défilé sur les Champs-Elysées le lendemain de la finale. « Si c'est moi qui décide, on ne fait pas de défilé (...) C'est très français ça, d'être content d'avoir perdu. »
15 août, Clairefontaine. Au sujet du film réalisé par Dhorasoo en Allemagne. « Il faut qu'il change de métier, d'ailleurs c'est ce qu'il a fait. Quand on est spectateur des autres, on ne peut pas être acteur, c'est dommage. »
29 août, Clairefontaine. Au sujet de Makelele, convoqué par le sélectionneur en équipe de France et qualifié d'esclave par son entraîneur de Chelsea, Jose Mourinho. « Il est esclave, je suis esclavagiste, je le fouette et il y va... »
5 septembre, Clairefontaine. Réclamant que l'hymne italien soit respecté au Stade de France. « J'aimerais bien que le public français reconnaisse la valeur des Italiens, que leur hymne ne soit pas sifflé. Ils sont champions du monde et leur titre n'est pas volé, ils ne sont pas allés le piquer à quelqu'un. »
7 septembre, Paris. Au sujet de Sidney Govou, auteur d'un doublé contre l'Italie (3-1). « Govou, ce n'était pas un coup de poker, pas un pari. »
28 septembre, Paris. Au sujet de Materazzi. « Je ne veux pas revenir sur la Coupe du Monde mais si on parle de généralités, oui, il faut tout nettoyer, les provocateurs aussi, et il est en tête de liste. »
3 octobre, Clairefontaine. Au sujet de Gérard Houllier, l'entraîneur de Lyon, qui regrette le manque de communication de Domenech. « Gérard est un vrai ami. Il met un peu de piment pour faire bouger les choses. Lui (Gérard Houllier), il a été entraîneur de l'équipe de France pendant 15 mois (sourire), il connaît bien la situation. »
7 octobre, Glasgow. Après la défaite en Ecosse. « Pour moi les Ecossais, jusqu'ici étaient fair-play. Je suis déçu du dressage des ramasseurs de balle qui ont ralenti le jeu et n'ont pas redonné le ballon tout de suite. »
10 octobre, Sochaux. Avant le match face aux îles Féroé. « J'aimerais qu'on s'inquiète un peu. Il y a cette léthargie, cette expression meilleure équipe du monde... Tout nous installe dans cette ambiance, les premiers résultats (des qualifications), la Coupe du Monde passée, vous, la presse, qui ne nous critiquez même plus ! »
14 octobre, Paris. « Sois performant, continue, tais-toi un peu, joue », lance le sélectionneur lors de l'émission 100% Foot sur M6, s'adressant à distance à Ludovic Giuly qui se plaint de ne plus être appelé.
9 novembre, Paris. Au sujet de l'attaquant de l'attaquant de River Plate, Gonzalo Higuain, convoqué pour France-Grèce. « Il a fait savoir au monde entier qu'il était français et sélectionnable. Ce qu'il est important de savoir, c'est qu'il a un niveau de jeu, sur ce qu'on en sait, qui lui permet de postuler. »
14 novembre, Senlis. Au sujet du même Higuain, qui a décliné la sélection. « Des météorites, on en a connues et j'en connais beaucoup... »
27 novembre, sur Canal+. Au sujet de Fabio Cannavaro, élu Ballon d'Or 2006. « Fabio Cannavaro est un bon joueur mais Thierry Henry a été bien plus décisif au cours de toute la saison. »
6 décembre, Paris. Communiqué après les attaques anonymes ayant visé Thierry Henry. « Je trouve absolument scandaleux de laisser entendre qu'il règne au sein du groupe France un esprit de clan et que certains joueurs pourraient être mis à l'écart. »