BILAN 2006 / RAYMOND DOMENECH :

BILAN 2006 / RAYMOND DOMENECH :
Paroles de sélectionneur[/g
]

Toujours très à l'aise devant micros et caméras, Raymond Domenech a traversé 2006 en distillant quelques phrases restées dans les mémoires. Retour sur une année en Bleu avec le sélectionneur.


27 janvier, Montreux (Suisse). Après le tirage au sort du groupe de qualifications à l'Euro-2008. « A titre personnel, je suis heureux de jouer contre l'Italie. Cela débouche toujours sur des matchs intenses. C'est d'autant mieux que cela fait longtemps qu'on n'avait pas rencontré les Italiens. »

28 février, Clairefontaine. Au sujet de Lyon qui refuse qu'Abidal joue contre la Slovaquie. « Ce match est une hérésie, placé entre un match aller et un match retour de Ligue des Champions. Je comprends que les clubs puissent se poser des questions mais je n'ai jamais subi de pressions de qui que ce soit pour choisir ou ne pas choisir un joueur. Et ce n'est pas aujourd'hui que cela commencera sinon, il n'y a plus de poste de sélectionneur. »

1er mars, Stade de France. Au sujet des sifflets visant Barthez. « Je ne comprends pas qu'on ait aussi peu de mémoire. »

2 mars, Paris. Au sujet du choix du gardien titulaire. « Je donnerai mon choix avant... le 13 juin (date de France-Suisse). »

11 avril, Paris. Un conseil aux joueurs. « Eteignez la télé, le téléphone, partez en famille, allez dans un pays dont vous ne parlez pas la langue pour que personne ne vienne vous parler football. L'Asie profonde, le fin fond de la Chine ou une île perdue... »

14 mai, Clairefontaine. Il annonce sa liste des 23 en direct à Téléfoot sans l'expliquer. « Je vous remercie. Je vous souhaite de bien travailler maintenant, de bien expliquer tout cela. A la prochaine. »

25 mai, Tignes. Au sujet de Grégory Coupet qui a songé à quitter le rassemblement des Bleus. « Grégory Coupet a eu un moment de blues. Il a craqué, cela peut arriver. »

10 juin, Hameln (Allemagne). Au sujet de Patrick Vieira, inquiétant lors des matchs amicaux. « Je maintiens que Patrick va être un des joueurs forts de ce Mondial. »

12 juin, Stuttgart (Allemagne). A l'attention des journalistes qui ont observé le huis clos des Bleus avant France-Suisse. « Que les Suisses le fassent, à la rigueur, je trouverais ça normal. Que vous le fassiez pour aller voir les Suisses et pour nous dire ce qu'ils font à l'entraînement, je trouverais ça normal. Mais que nos propres médias aillent raconter aux autres ce qu'on fait à l'entraînement, je trouve ça désolant. »

18 juin, Leipzig (Allemagne). Au sujet du but refusé à Patrick Vieira lors de France-Corée du Sud alors que le ballon avait franchi la ligne. « La vidéo nous aurait bien servi cette fois-là. »

20 juin, Hameln (Allemagne). Au sujet de la réaction de Zidane, mécontent d'avoir été remplacé à la fin de France-Corée du Sud. « Trouvez-moi un joueur qui est content de sortir quand le match n'est pas complètement débloqué. Les joueurs ne sortent pas forcément avec la banane et c'est rassurant. »

26 juin, Hameln (Allemagne). Avant France-Espagne en huitièmes de finale, une réflexion sur les tirs au but. « On sait que tous les joueurs de ce niveau-là sont capables, à cette distance, de mettre un ballon au ras du poteau, à 1,50 mètre de hauteur. Après, il faut le faire au bon moment et ça, on ne peut jamais le travailler à l'entraînement. »

28 juin, Hameln (Allemagne). En réponse au leader du Front national Jean-Marie Le Pen, qui accuse les Bleus de ne pas chanter la Marseillaise. « C'est un faux procès. On est peut-être une des équipes où il y a le plus de joueurs qui chantent. Les Espagnols ne chantent pas, les Argentins ne chantent pas. Qu'il regarde vraiment au lieu de nous faire un procès à la con. »

1er juillet, Francfort (Allemagne). Au sujet de Zidane, auteur d'un match époustouflant face au Brésil en quart de finale. « Il n'y a plus de calculs. Chaque moment est le dernier. C'est ce qu'on dit à chaque joueur : imaginez que c'est le dernier match et jouez-le à fond. Lui le fait naturellement maintenant. »

6 juillet, Hameln (Allemagne). Au sujet du leitmotiv des joueurs, "on vit ensemble, on meurt ensemble". « C'est un peu la traduction en français de celle de 98 ("I will survive"). Ou on vit bien ensemble et on réalise quelque chose ensemble ou on meurt très vite. »

9 juillet, Berlin (Allemagne). Au sujet de l'exclusion de Zidane en finale. « Ce soir, on vient d'instaurer l'arbitrage vidéo parce que c'est le quatrième arbitre qui est venu le dire. L'arbitre de touche n'a rien vu. C'est une nouvelle règle qui est mise en place, vive la vidéo dans le football ! »

9 juillet, Berlin (Allemagne). Au sujet d'un possible défilé sur les Champs-Elysées le lendemain de la finale. « Si c'est moi qui décide, on ne fait pas de défilé (...) C'est très français ça, d'être content d'avoir perdu. »

15 août, Clairefontaine. Au sujet du film réalisé par Dhorasoo en Allemagne. « Il faut qu'il change de métier, d'ailleurs c'est ce qu'il a fait. Quand on est spectateur des autres, on ne peut pas être acteur, c'est dommage. »

29 août, Clairefontaine. Au sujet de Makelele, convoqué par le sélectionneur en équipe de France et qualifié d'esclave par son entraîneur de Chelsea, Jose Mourinho. « Il est esclave, je suis esclavagiste, je le fouette et il y va... »

5 septembre, Clairefontaine. Réclamant que l'hymne italien soit respecté au Stade de France. « J'aimerais bien que le public français reconnaisse la valeur des Italiens, que leur hymne ne soit pas sifflé. Ils sont champions du monde et leur titre n'est pas volé, ils ne sont pas allés le piquer à quelqu'un. »

7 septembre, Paris. Au sujet de Sidney Govou, auteur d'un doublé contre l'Italie (3-1). « Govou, ce n'était pas un coup de poker, pas un pari. »

28 septembre, Paris. Au sujet de Materazzi. « Je ne veux pas revenir sur la Coupe du Monde mais si on parle de généralités, oui, il faut tout nettoyer, les provocateurs aussi, et il est en tête de liste. »

3 octobre, Clairefontaine. Au sujet de Gérard Houllier, l'entraîneur de Lyon, qui regrette le manque de communication de Domenech. « Gérard est un vrai ami. Il met un peu de piment pour faire bouger les choses. Lui (Gérard Houllier), il a été entraîneur de l'équipe de France pendant 15 mois (sourire), il connaît bien la situation. »

7 octobre, Glasgow. Après la défaite en Ecosse. « Pour moi les Ecossais, jusqu'ici étaient fair-play. Je suis déçu du dressage des ramasseurs de balle qui ont ralenti le jeu et n'ont pas redonné le ballon tout de suite. »

10 octobre, Sochaux. Avant le match face aux îles Féroé. « J'aimerais qu'on s'inquiète un peu. Il y a cette léthargie, cette expression meilleure équipe du monde... Tout nous installe dans cette ambiance, les premiers résultats (des qualifications), la Coupe du Monde passée, vous, la presse, qui ne nous critiquez même plus ! »

14 octobre, Paris. « Sois performant, continue, tais-toi un peu, joue », lance le sélectionneur lors de l'émission 100% Foot sur M6, s'adressant à distance à Ludovic Giuly qui se plaint de ne plus être appelé.

9 novembre, Paris. Au sujet de l'attaquant de l'attaquant de River Plate, Gonzalo Higuain, convoqué pour France-Grèce. « Il a fait savoir au monde entier qu'il était français et sélectionnable. Ce qu'il est important de savoir, c'est qu'il a un niveau de jeu, sur ce qu'on en sait, qui lui permet de postuler. »

14 novembre, Senlis. Au sujet du même Higuain, qui a décliné la sélection. « Des météorites, on en a connues et j'en connais beaucoup... »

27 novembre, sur Canal+. Au sujet de Fabio Cannavaro, élu Ballon d'Or 2006. « Fabio Cannavaro est un bon joueur mais Thierry Henry a été bien plus décisif au cours de toute la saison. »

6 décembre, Paris. Communiqué après les attaques anonymes ayant visé Thierry Henry. « Je trouve absolument scandaleux de laisser entendre qu'il règne au sein du groupe France un esprit de clan et que certains joueurs pourraient être mis à l'écart. »

# Posté le jeudi 18 janvier 2007 08:50

EXCLUSIVITE / ZINEDINE ZIDANE (2EME PARTIE) :

EXCLUSIVITE / ZINEDINE ZIDANE (2EME PARTIE) :
« Je suis un peu dépassé »

Présent à Zurich pour les trophées de la FIFA, Zinédine Zidane nous a accordé une très longue interview. En exclusivité et en toute franchise, notamment quand il évoque sa nouvelle vie.

La vie de Zinédine Zidane ne s'est pas vraiment calmée depuis son départ à la retraite : les sollicitations se multiplient. De toutes sortes. S'avouant lui-même débordé, Zizou se montrait même très silencieux, à l'écart des médias, hormis quelques apparitions sur Canal+. Lundi soir, à Zürich, tous les journalistes présents voulaient parler à Zinédine. Forcément. L'un des hommes de l'année 2006. Devant l'afflux de microphones, l'ancien capitaine des Bleus a vite pris la tangente, se repliant vers un hôtel huppé de la ville. N'accordant plus d'entretien à la presse, il a décidé exceptionnellement de parler à trois journalistes de son choix. C'est là-bas, à son invitation, que l'équipe de Zidane.fr (Olivier De Los Bueis et David Aiello de Football365) ainsi que notre confrère (et proche de longue date du joueur), Patrick Dessault de France-Football, l'ont rejoint. Après un repas avec son épouse, c'est sur un coin de table, avec une rare franchise et sans langue de bois, que Zinédine, en confiance, a fait le bilan d'une année qu'il ne peut considérer comme bonne malgré le Mondial.

Zinédine Zidane, si vous deviez garder une image de vous en 2006...
La joie qu'il y avait après chaque rencontre, sauf la dernière forcément : l'Espagne, le Brésil... Même moi ça ne m'était jamais arrivé. Après le Brésil, je monte sur la table et je danse. C'est assez bizarre quand même. On était heureux d'être ensemble.

Et là, six mois après, êtes-vous heureux ?
Oui. C'est vrai !

Peu de temps après votre arrêt, vous avez dit « ça ne me manque toujours pas ». Est-ce toujours le cas ?
Ça ne me manquera pas car je l'ai voulu un petit peu, même si quand tu regardes un match, tu te dis « je ne joue plus ».

Lundi, vous avez reçu votre trophée de deuxième joueur de 2006 et c'est comme si vous n'aviez pas vraiment arrêté. C'est le sentiment qu'on a...
C'est un mauvais sentiment alors.

Avec le retour de Fabien Barthez, les gens se remettent forcément à espérer...
Fabien, même s'il a pris sa retraite, on sentait que si on lui présentait quelque chose de bien et qu'il avait envie de relever le challenge, il le ferait. Moi, je ne suis pas dans le même truc. Moi, c'est fini. Je ne m'entraîne plus. Je joue avec les copains.

Votre vie n'est-elle pas plus trépidante aujourd'hui ?
Oui. Ce qui change, c'est qu'avant j'avais l'excuse de jouer. J'ai moins cette excuse et j'ai beaucoup plus de demandes. C'est énorme. C'est tous les jours : je suis sollicité pour tout et dans tous les domaines, tout confondu. Même moi, je l'ai dit sur Canal la dernière fois, je suis un peu dépassé. Je n'avais pas organisé ça. Je ne pensais pas que ça allait prendre cette ampleur.

« Personne ne pense à moi »

Cette situation fait-elle peur ?
Non car il y a pire comme situation. Je suis simplement débordé et pas organisé. Forcément, ça fait bizarre.

Il y a aussi cette envie de faire plaisir à tout le monde...
C'est aussi mon souci.

Mais moins qu'avant ?
Moins qu'avant. Et plus le temps va passer, moins je l'aurai encore.

Vous avez beaucoup changé. Avant, vous disiez « Zidane, il ne sait pas dire non »...
Ou plutôt, « Zidane, il sait moins dire non ». Forcément. Tout le monde veut son truc et personne ne me protège. Personne ne pense à moi. Personne, quand il me parle, ne va me dire simplement « comment ça va ».

Un jour, un journaliste vous avait appelé après une expulsion pour vous souhaiter bon courage sans demander à faire un papier...
C'était bien. Mais ça arrive aussi mais pas beaucoup. Très peu d'ailleurs. Un petit truc de sympathie, c'est bien. Et pas toujours « je veux quelque chose ». A la fin, ça use et ça fatigue. Mais je le dis sans problème : ce n'est pas la faute des gens. C'est le système. Mais à un moment, il faut que je me protège. Si personne ne le fait pour moi, je suis obligé de le faire. Tu comprends bien que ça devient... C'est la tête qu'il faut... Avant d'en arriver là, il faut que je me protège. Mais ce ne sont les gens. C'est comme ça, c'est le système. Chacun pense à lui, à ce qu'il va faire, à ce qu'il veut et pas à moi.

Ça vous manque ce rapport simple aux gens ?
Je l'ai avec des gens qui me sont proches et qui me sont chères. Heureusement. Sinon, je ne pourrais pas.

« On se sert de mon image mais j'ai signé un contrat pour ça »

Vous ne vous appartenez plus ?
Des fois, c'est presque ça. C'est pire qu'avant. Avant, j'avais l'excuse, je n'avais pas le temps, je jouais. Aujourd'hui, je n'ai pas l'excuse. Aujourd'hui, je reçois des trucs, des fax, des demandes de me déplacer dans le monde entier. Je me dis qu'ils se sont trompés de personne. Mais après, il vaut mieux que ça soit comme ça. Il y a pire. Et puis, je ne donne pas comme c'est demandé sinon je ne serai jamais disponible pour ma famille.

Zinédine, un mot sur ce voyage en Algérie, c'était...
C'était fort. En même temps, j'ai senti les gens heureux de me voir. Ils attendaient ça depuis très longtemps. Moi aussi un petit peu. Mais il fallait que je fasse ce voyage tranquillement. Comme je n'avais jamais trois jours, je ne l'ai jamais fait. Je ne voulais pas le faire rapidement, je voulais prendre le temps. J'en garde un grand souvenir : j'ai retrouvé ma terre d'origine, là où mes parents ont grandi. Là où j'ai passé mes vacances trois ou quatre années d'affilée. Je suis revenu dans la maison où mon père a grandi.

C'est après 30 ans que cette envie arrive...
Oui, moi, après la trentaine, j'en avais vraiment envie. Plus tu vieillis, plus tu as envie de te souvenir de certaines choses. De 20 à 30 ans, tu t'en fous complètement. Tu es dans ton truc. Après, tu passes de l'autre côté et tu essaies de vouloir connaître certaines choses. Mes parents, c'est un livre ouvert. C'était bien.

Tu es aussi allé au Bangladesh...
Oui, c'était autre chose.

Avez-vous l'impression d'être un homme sandwich dans ce cas-là ?
Non, pas du tout. Bien sûr, on se sert de moi et de mon image mais j'ai signé un contrat pour ça. Mais c'est moi qui décide d'y aller. Le but, c'était d'ouvrir une usine qui ne fait pas du profit. Ça va aider les gens et ça, ça m'intéresse. Et Danone l'a fait au Bangladesh en ouvrant une usine. C'est un bon voyage. En même temps, je suis avec le prix Nobel de la Paix (ndlr : Mohammed Yunus) qui a inventé le microcrédit, qui fait ça depuis 40 ans, qui aide les pauvres et qui donne au mendiant pour qu'il puisse faire quelque chose de sa vie. Si ça c'est être homme sandwich, ça m'intéresse.

Avez-vous l'impression d'apprendre beaucoup de choses en ce moment ?
Vraiment. Je suis au début. Il y a quand même de bonnes personnes qui m'entourent, qui sont intelligentes. C'est très enrichissant. J'avais envie de connaître autre chose. Mais quand je dis ça, je ne vais pas œuvrer dans tout le monde. On me donne la possibilité de faire des choses mais je ne suis pas Mère Térésa ou l'Abbé Pierre. Moi, ce que je fais, c'est parce qu'on me donne la possibilité de faire quelque chose qui me parait intéressant comme au Bangladesh. L'Algérie, c'était personnel. Il s'est avéré qu'il y avait eu le fameux match à Marseille. On aurait aimé ne pas le faire s'il n'y avait pas eu ce tremblement de terre en Algérie. Mais c'est bien de connaître quelque chose d'autre.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 18 janvier 2007 08:16

EXCLUSIVITE / ZINEDINE ZIDANE (1ERE PARTIE) :

EXCLUSIVITE / ZINEDINE ZIDANE (1ERE PARTIE) :
« J'avais besoin de me proger »


Prés
ent à Zurich pour les trophées de la FIFA, Zinédine Zidane nous a accordé une très longue interview. En exclusivité et en toute franchise, notamment quand il évoque son année et sa Coupe du Monde.

L
a vie de Zinédine Zidane ne s'est pas vraiment calmée depuis son départ à la retraite : les sollicitations se multiplient. De toutes sortes. S'avouant lui-même débordé, Zizou se montrait même très silencieux, à l'écart des médias, hormis quelques apparitions sur Canal+. Lundi soir, à Zürich, tous les journalistes présents voulaient parler à Zinédine. Forcément. L'un des hommes de l'année 2006. Devant l'afflux de microphones, l'ancien capitaine des Bleus a vite pris la tangente, se repliant vers untel huppé de la ville. N'accordant plus d'entretien à la presse, il a décidé exceptionnellement de parler à trois journalistes de son choix. C'est là-bas, à son invitation, que lquipe de Zidane.fr (Olivier De Los Bueis et David Aiello de Football365) ainsi que notre confre (et proche de longue date du joueur), Patrick Dessault de France-Football, l'ont rejoint. Après un repas avec son épouse, c'est sur un coin de table, avec une rare franchise et sans langue de bois, que Zinédine, en confiance, a fait le bilan d'une année qu'il ne peut considérer comme bonne malgré le Mondial.

Ziné
dine Zidane, vous étiez à Zürich cette semaine pour récupérer quelques cadeaux : des prix de la FIFA notamment...
C'ét
ait quand même important car c'était le prix du meilleur joueur du Mondial et puis la deuxième place du joueur d'une année, qui n'est pas pour moi forcément un bon souvenir. Mais voilà, ce trophée restera un bon souvenir.

Ce
trophée, vous le gagnez en peu de temps, l'espace d'une Coupe du Monde...
J'
obtiens en effet ce trophée en l'espace de trois semaines voire un mois. Il faut vraiment dire la vérité : le Mondial fait qu'on a pensé à moi à la fin.

Mais vous passez à peu de choses près à côté d'autre chose : le trophée de numéro un et le Ballon d'Or...
Ça au
rait pu oui.

Ça a
urait été une extraordinaire sortie...
Ma
is comme ça ne s'est pas passé comme ça, on ne va pas y penser. J'y ai pensé un temps mais là, ça fait six mois. Là, on en parle parce que c'est l'occasion de se remémorer certaines choses.

Avez
-vous revu les images de cette fameuse finale ?
Oui,
j'en ai revues. Des bouts, par-ci par-là, qu'on met de temps en temps à la télé.

« Il n'y en a pas un qui misait un kopeck sur nous »

Vous
aviez centré toute votre année sur le Mondial. Retenez-vous quelque chose de positif de cette Coupe du Monde ?
Bien sûr. Je ne vois que du positif. Je pars du principe que je garde toujours le bon. Et le mauvais, j'essaie de l'effacer. Si je reste sur mon dernier geste du Mondial, sur mon dernier geste sur un terrain, je ne peux pas être content de moi. J'ai envie de penser à ce que j'ai fait de bon, à ce qui est arrivé à la France qui a joué une deuxième finale de Coupe du Monde. Ce n'est pas rien. Il n'y en a pas un qui misait un kopeck sur nous. Vous êtes là tous les trois en face de moi et même vous, vous ne misiez pas un kopeck sur nous. Comme tout le monde. C'est ça qui fait que pour nous, ça a été extraordinaire. Peut-être même que nous, quand on a débuté notre Coupe du Monde, on se disait « qu'est-ce qu'on va faire ? » On s'est bien préparé. Les choses sont venues petit à petit. On est monté en puissance physiquement et on s'est bien préparé. On avait les joueurs qu'on avait. Tout s'est bien enchné. Mais ce qui a fait la différence, c'est d'avoir gagné notre premier match face au Togo. On a chassé ce qui était négatif : le Mondial 2002, l'Euro 2004, les matchs de préparation, lebut de compétition pas tonitruant. Le fait d'avoir gagné face au Togo nous a remis sur une autre route. On gagne face à l'Espagne derrière et on se dit qu'on est et qu'on n'a plus rien à perdre.

Ap
rès France-Togo, on vous avait croisé dans un vestiaire et on ne vous avait jamais vu aussi heureux...
C'e
st un petit peu ce que j'ai vécu en 1998 quand je ne joue pas les deux matchs. Même si là, je ne me suis pas posé la question de savoir si j'allais rejouer car je savais qu'on allait gagner. En 1998, je me suis posé la question car si on perd contre le Paraguay, je ne joue plus.

Ce
tte année, vous étiez de mauvais poil, notamment avant et pendant le Mondial. Avez-vous voulu vous protéger ou étiez-vous vraiment de mauvaise humeur ?
Je
pense que c'est les deux. J'en voulais à beaucoup de personnes et en même temps, je faisais ça pour me protéger car je voyais que personne ne le faisait. Et je suis un être humain. A un moment donné, j'avais besoin de me protéger. Personne ne le faisait. Mais je ne parle pas simplement des journalistes. Je parle de beaucoup de choses.

Les
journalistes ne font que dire ce qu'ils voient...
Je
le sais bien et je l'ai toujours accepté. De me faire encenser comme de me faire critiquer, ça fait partie du boulot. Mas après, quand je vois certains mecs qui se permettent de dire certaines choses, ce n'est juste pas possible.

Mais
qui ? Des anciens joueurs ?
Ou
i et non. Des anciens, des mecs qui commentent, des mecs qui refont des matchs, des mecs qui n'ont rien à y voir, qui n'y connaissent rien du tout et qui se permettent de dire des choses.

« Ça
me fait juste chier de voir ces mecs qui m'ont tail »

Qu
and vous dîtes les mecs qui ne tapent pas dans le ballon, on a cru que c'était nous, les journalistes...
No
n. De toute façon, je ne donne pas de nom. Forcément, quand tu parles comme ça, c'est bien de donner des noms car c'est plus clair. C'est pour ça que je ne mtends pas dessus car ces personnes là, je leur dirai en face. C'est vrai, tu parles de ça et tu ne donnes pas de nom, ce n'est pas sympa. Mais je n'ai pas envie de répondre dans un journal ou dans une interview. Moi, le mec, je vais lui dire en face : tu es un (sic)...

Comme ça ?
B
ien sûr. Pour un, c'est déjà fait. Et puis ça va se faire. Parce que c'est comme ça. J'estime qu'à un moment donné... Vous savez, je suis entier. J'ai mes défauts mais je suis entier. J'aime que les choses soient claires. Un jour c'est bon et un jour, tu descends. Critiquer d'accord mais faire du mal, non ! J'ai une famille et des enfants. Mon fils a 12 ans. Il y a des choses qu'il peut entendre et que je ne veux pas qu'il entende. Quand il avait un an, je m'en tamponnais. Mais aujourd'hui, il y a des choses que je ne veux pas entendre, surtout de personnes qui ne peuvent pas me donner de leçons. Le mec qui a tapé dans un ballon, OK...

Ces
mecs-là, vous les connaissez pour avoir joué avec eux ?
Non
, tu parles de Desailly ? Non, ça, le mec qui critique, il sait que ce n'est pas bien ce qu'il fait. Lui, il a tapé dans un ballon et il sait que ce n'est pas bien ce qu'il fait. C'est bête de sa part justement.

Excusez-nous d'insister mais les mecs qui n'ont pas tapé dans un ballon mais qui parlent de foot à la télé, il n'y en a pas eu des tonnes...
D
'accord mais il y en a deux ou trois. N'insistez pas, je ne donnerai pas de nom.

Cela vous a donné une force supplémentaire cette sorte de scepticisme ambiant ?
No
n, ce n'est pas ça qui va me donner de la force. Ma force est dans le groupe et on fait un truc ensemble. Je n'ai pas besoin de ça. Ces mecs ne vont pas m'empêcher de dormir non plus mais ça me fait juste chier de voir ces mecs qui m'ont taillé et qui après disent certaines choses. On peut me critiquer comme tu l'as déjà fait. Mais après, il ne faut pas entrer dans certaines choses. Mais en même temps, je ne sais pas pourquoi je m'énerve.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 18 janvier 2007 07:26

FFF : Nouveau logo

FFF : Nouveau logo
La dération Française de Football a présenté son nouveau logo sur son site Internet (www.fff.fr). A partir de ce lundi, la FFF déménage son siège au 87 boulevard de Grenelle dans le XVeme arrondissement de Paris.

« Le résultat final présente un coq issu de la forme arrondie d'un ballon délié, en même temps qu'il évoque le dynamisme du football français. Les rubans qui le composent sont le symbole de la continui entre le pas et l'avenir, mais aussi la mise en perspective des valeurs de fête et d'enthousiasme que suscite le football » communique la FFF au sujet de son nouveau logo. « La force de ce logo est de s'inscrire parfaitement dans le système graphique existant, dont la structure hexagonale est devenue un ément identifiant fort. »
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 26 décembre 2006 11:00

AMICAL / FRANCE - GRÈCE : 1-0

AMICAL / FRANCE - GRÈCE : 1-0
La France a largement dominé une pâle équipe de Grèce mais n'a inscrit qu'un but par Henry. Son 39eme en Bleu qui permet de clôturer par une victoire une belle année 2006.

Dans les coulisses du Stade de France
- A
l'occasion de ce match, la FFF a rendu hommage aux champions du monde 1998 et champions d'Europe 2000. Parmi les 26 joueurs concernés, 19 étaient présents. Manquaient à l'appel Johan Micoud, Marcel Desailly, Emmanuel Petit, Stéphane Guivarc'h, Vincent Candela, Robert Pires et Bernard Lama.

- Trois Français appes par Raymond Domenech ont clarer forfait pour cause de blessures : Philippe Mexès (ischio-jambiers), Karim Benzema (cuisse) et Sidney Govou (cuisse). Annoncé également forfait pour cause de pubalgie, Franck Ribéry était pourtant présent sur le banc des remplants.

- Sélectionné par Domenech, le jeune attaquant franco-argentin de River Plate Gonzalo Higuain a décliné la convocation. « Je suis concentsur River, a-t-il expliqué. Ce fut une décision difficile, mais je suis tranquille, car j'ai pris ce que j'ai estimé être la meilleure décision pour moi. Pour le moment, il était trop prématuré d'y aller. »

- L
e capitaine de l'équipe de France, Patrick Vieira, a fêté ce soir sa 100eme sélection.

-
La dernière confrontation entre les deux nations remonte au 25 juin 2004 à Lisbonne en quart de finale de l'Euro 2004. La Grèce s'était imposée (1-0) grâce à un but de Charisteas (65eme) de la tête et remportera l'épreuve quelques jours plus tard en battant le Portugal (1-0) en finale.

- Actuellement en tournée en France, les All Blacks étaient présents au SDF. Patrick Vieira a échangé son maillot avec Richie McCaw, le capitaine de l'équipe de rugby de la Nouvelle-Zélande, quelques minutes avant le début du match.

-
Victime d'un claquage, M.Wack, l'arbitre du match, a été remplacé à la pause par son assistant M.Wezel.


Les faits du match
14eme minute
Coup-franc excentré de Sagnol côté droit qui trouve Vieira dans la surface. La tête croisée du capitaine des Bleus passe au-dessus de la transversale grecque.

16eme minute
A l'entrée de la surface française, Karagounis prend sa chance. Son tir puissant est repoussé des deux poings par Coupet directement sur Basinas qui ne peut reprendre le ballon.

26eme minute (1-0)
Centre de Sagnol de la droite. Le ballon est dévié à deux reprises par la défense grecque avant de parvenir à Henry qui place une tête plongeante à bout portant. Nikopolidis touche le ballon mais pas assez pour l'empêcher de rentrer.

60eme minute
Aux abords de la surface grecque plein axe, Wiltord se met sur son pied gauche et enroule une frappe à ras de terre. Nikopolidis se détend bien pour écarter le danger.


Jeu, joueurs et arbitre
Le jeu
Contre des Grecs plutôt attentistes, la France a la maîtrise du jeu. Par Malouda à gauche et Sagnol à droite, les Bleus prennent souvent le dessus sur la défense adverse mais pêchent dans le dernier geste. C'est finalement Henry qui trouve l'ouverture peu avant la demi-heure de jeu. Sur un nouveau centre de Sagnol venu de la droite, l'attaquant d'Arsenal seul au second poteau trompe Nikopolidis de près d'une tête plongeante. Malgré les quatre changements orés à la pause par Domenech, la France accentue sa domination en seconde période. On assiste même à une véritable attaque-défense par moments. Mais les Bleus ne parviennent pas à tromper à nouveau le gardien grec.


Les Français
Henry fait la différence
Dans un match amical classique, les Bleus ont fait le travail, dominant sans forcer des champions d'Europe au ralenti. Dans ce collectif solide et appliqué, Thierry Henry aura marqué son 39eme but international.


Grégory Coupet : 5,5
Un arrêt décisif (16eme) devant un attaquant grec, il aurait pu se faire surprendre sur une incompréhension avec Thuram.

Willy Sagnol : 5,5
Un match correct avec une nouvelle passe décisive à la clé. Remplacé par François Clerc (46eme) auteur d'une entrée sérieuse et d'un bon centre en seconde période (note : 5).

Lilian Thuram : 5,5
Deux excellentes interventions en couverture (36eme et 38eme) suivie d'une mésentente avec Coupet (40eme) qui aurait pu être fatale.

William Gallas : 5,5
Vaillant dans le combat, il a bien couvert le côté gauche de la charnière centrale.

Eric Abidal : 6
Très en vue en première mi-temps, il apporte son allant. Il a cédé sa place à la mi-temps à Patrice Evra (note : 5).

Claude Makelele : 5,5
Très actif, Claude Makelele a ratissé pas mal de ballons avant de céder sa place à Alou Diarra à la pause qui a assuré sans faire de vague (note : 5).

Patrick Vieira : 5,5
Pour sa 100eme, Patrick Vieira a été dominateur au milieu se créant même quelques espaces. Un match fidèle à sa deuxième moitié d'année.

Sylvain Wiltord : 5,5
Une belle frappe cadrée à l'heure de jeu, de la disponibilité, de l'envie, il a montré qu'il pouvait être mieux qu'un remplaçant.

Florent Malouda : 5,5
Très actif, son duo avec Abidal est bien rôdé, celui avec Evra, logiquement moins solide. Un bon match.

Louis Saha : 5,5
Il se pose en titulaire, même si son activité n'est pas forcément spectaculaire. Ses déplacements libèrent en effet des espaces pour Thierry Henry qui profite des lumières grâce au don se soi du joueur de Manchester United. Remplacé par Nicolas Anelka (note : 5,5) à la pause qui a réussi une entrée intéressante.

Thierry Henry : 6,5
Un but de la tête, de l'activité, il a parfois un peu trop porté le ballon, mais il est à créditer d'une bonne partie. Le public du Stade de France l'a félicité en scandant son nom.


Les Grecs
Battu à bout portant sur la tête d'Henry, NIKOPOLIDIS avait néanmoins réussi a touché le ballon. Le gardien grec a sauvé les siens à plusieurs reprises d'une défaite plus cuisante. Malgré sa haute taille, la charnière centrale KYRGIAKOS-DELLAS a paru limité dans le domaine aérien. Les deux récupérateurs KATSOURANIS et BASINAS ont souffert face au milieu de terrain français mais ils ont été les plus en vue côté grec surtout le second. KARAGOUNIS a tenté de soutenir SAMARAS, seul en pointe, mais n'a pu faire grand-chose.


L'arbitre du match : M.Wack (ALL)
Au cours d'un match disputé dans un très bon état d'esprit de part et d'autre, M.Wack a très bien fait son travail. Victime d'un claquage, il a laissé sa place à son assistant M.Wezel pour la seconde période. Moins à son aise, M.Wezel n'a néanmoins pas commis d'erreur.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 19 décembre 2006 13:52